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Chroniques bolivariennes
Un voyage dans la révolution vénézuelienne
Parution : 06/03/2014
ISBN : 9782365120449
Format papier : 192 pages (20 x 20)
24.00 €

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Après la mort d’Hugo Chávez, que reste-t-il de la révolution vénézuélienne, de ce « socialisme du XXIe siècle » ? Ses obsèques grandioses, pleurées par des foules pendant plusieurs jours et honorées par de nombreux chefs d’État, ont contrasté avec les critiques virulentes dont il avait fait l’objet dans les médias occidentaux.
Cécile Raimbeau et Daniel Hérard nous entraînent au cœur de cette révolution pacifique, à la rencontre de la base, des supporters de Chávez. Ils les écoutent et les photographient, en rapportent les propos, les idéaux, l’énergie, l’inventivité, les coups de gueule, les contradictions. Ces deux reporters parcourent le pays en autobus, se laissant guider par les chavistes qui les accueillent chez eux et montrent leur Vénézuéla : quartiers populaires organisés en conseils communaux, usines nationalisées, coopératives agricoles sur des terres reprises aux latifundistes, communauté amérindienne… Ces Chroniques bolivariennes nous plongent sans complaisance dans le quotidien des chavistes. Un quotidien « hecho en socialismo ».
Malgré la mort de son leader, ce mouvement populaire de transformation sociale reste aujourd’hui un bouillonnant laboratoire d’idées, dont l’Europe en crise – toujours prédisposée à des solutions rigides – devrait bien s’inspirer pour inventer, enfin, une voie alternative au
néolibéralisme.
Avant-propos

Ce livre est un récit de voyage à deux voix, en textes et en photos.
C’est une vision subjective et assumée de ce que nous avons vécu au Vénézuéla lors de deux voyages de six mois, effectués entre 2011 et 2013.
Lorsque nous avons quitté le pays, Hugo Chávez était encore vivant. Il venait de remporter les élections présidentielles et nos inter­locuteurs espéraient que sa santé s’améliorerait. Nicolás Maduro n’avait donc pas encore pris sa suite, si bien que les mentions le concernant ont été ajoutées ultérieurement, soit après notre retour de voyage.
Bien que journalistes, nous n’avons pas l’inten­tion de livrer ici un tableau équilibré, entre le Vénézuéla des chavistes et celui des anti-chavistes. Nous avons choisi un point de vue, celui des supporteurs de la base de la « révolution bolivarienne ». Ce sont eux que nous avons écoutés et photographiés et dont nous rapportons les propos. Ils nous ont guidés. Ils nous ont montré ce qu’ils voulaient bien nous montrer. C’est chez eux que nous avons dormi, sans nous soucier des règles habituelles de distance critique, propres à notre profession.
Fatigués des articles caricaturaux et outranciers qui foisonnent sur le Vénézuéla de Chávez, souvent axés sur la personnalité du leader bolivarien, nous avons choisi de raconter la vie quotidienne de ces gens et leur vision de leur pays, si différente de ce qui est généralement écrit ou photographié.
La couverture photographique du Vénézuéla n’a généralement pas échappé à la règle d’un traitement spécieux. Cela s’est souvent traduit par la production de reportages sur la violence ou le supposé fanatisme des chavistes. Le Vénézuéla a été montré en images comme un pays où il faisait mauvais vivre. Pire, où révolution bolivarienne pouvait rimer avec banditisme. « La preuve » en photos : on a pu voir dans un hebdomadaire un reportage où des jeunes délinquants des quartiers de Caracas exhibaient, comme dans beaucoup de pays latino-américains, des armes à feu, certains brandissant même des tracts politiques d’Hugo Chávez.
En textes ou en photos, peu de publications ont su décrire le quotidien difficile, mais bouillonnant d’idées et d’initiatives des Vénézuéliens, qui utilisent les instruments légaux et les moyens financiers que le gouvernement a mis à leur disposition. Peu de médias nous ont fait pénétrer dans les conseils communaux, les usines nationalisées ou les coopératives paysannes. Nous espérons que nos écrits et nos images permettront de combler en partie ce manque, par ailleurs bien entretenu.
Pour ce livre, nous avons choisi de réaliser des diptyques panoramiques qui consistent à rapprocher deux photographies réalisées dans le même lieu et dans un bref délai afin d’obtenir deux perspectives, deux points de vue dans une même image. Ainsi, nous jouons sur les composants d’une scène en replaçant les gens dans leur contexte, sans les sortir de leur habitat, leur quartier, leur usine, leur communauté.
Coller au quotidien de nos interlocuteurs, telle a été la substance de notre travail, de notre voyage.
Nous nous sommes déplacés en autobus, hamacs sous le bras. Nous avons parcouru des quartiers populaires, des banlieues, des campagnes, des usines, des communautés amérindiennes. Nous avons assisté, durant de longues heures, à des assemblées, des débats, des engueulades, des votes à mains levées.
Ce que nous livrons là est le produit de ce que nous avons vu et entendu sur le terrain, perçu à travers nos regards croisés, interprété avec nos expériences et nos sentiments personnels.
Nous avons souvent été enthousiasmés, parfois déçus par les promesses de transformations de cette révolution inachevée.
Il s’agit donc d’un voyage assez ordinaire dans une révolution peu ordinaire.
Dans ces Chroniques bolivariennes, nous nous efforçons de vous en faire découvrir certaines facettes, comme si vous étiez cachés dans nos bagages…
Réalisation : William Dodé