Dans la collection « Savoir/Agir »

 
couverture
Romuald Bodin - Sophie Orange
L’université n’est pas en crise
Les transformations de l’enseignement supérieur : enjeux et idées reçues

Parution : 12/09/2013

ISBN : 9782365120302

Format papier
216 pages (14 x 20,5) 19.00 €

Format numérique
14.00 €
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Depuis quelques années, les rapports ministériels et les controverses (politiques, médiatiques, sociologiques) se multiplient et alimentent la thèse d’une crise de l’Université liée à l’échec important en premier cycle, l’insertion difficile des diplômés et le faible niveau des « nouveaux étudiants ». À ces trois maux sont proposés trois remèdes : sélection, professionnalisation, « propédeutisation ». Or ce diagnostic repose sur une cartographie erronée de l’enseignement supérieur et sur une connaissance partielle des publics universitaires.
En mobilisant les résultats d’enquêtes sociologiques menées auprès d’étudiants de premier cycle universitaire, d’IUT, de STS et d’écoles spécialisées, cet ouvrage remet en cause ces trois constats.
Tout d’abord, la dénonciation de ces trois maux apparaît comme une constante des discours sur l’Université depuis les années 1960 : ils ne permettent en rien de comprendre sa situation actuelle.
Ensuite, en dressant un tel portrait à charge de ces établissements d’enseignement supérieur, des universitaires et des étudiants, ces discours entretiennent surtout le phénomène qu’ils prétendent combattre et contribuent à la dévaluation de l’Université et à la mise en cause de son service public.
Enfin, la rhétorique déployée autour de la « crise de l’Université » ne se contente pas de diffuser une image biaisée de la réalité, elle détourne l’attention de ce qui est vraiment en question : les objectifs politiques et sociaux assignés à l’enseignement supérieur, les désordres actuels du marché du travail et le désengagement progressif de l’État.

Romuald Bodin est sociologue, maître de conférences à l’université de Poitiers et chercheur au GRESCO. Ses recherches portent sur l’échec en premier cycle à l’Université et sur l’accompagnement social des personnes en grande difficulté. Il a publié Les métamorphoses du contrôle social, en 2012 à La Dispute.

Sophie Orange est sociologue, maître de conférences à l’université de Nantes et chercheuse au CENS. Elle a travaillé sur les Sections de technicien supérieur et les choix d’orientation dans l’enseignement supérieur. Dernière publication : L’autre enseignement supérieur. Les BTS et la gestion des aspirations scolaires, en 2013 aux PUF.

Table des matières

Introduction
Actualité et pertinence d’un discours sur la crise ?
Un livre pour quoi faire ?

Chapitre 1. La tentation sélective. Rompre avec une vision duale de l’enseignement supérieur
La fausse division de l’enseignement supérieur entre filières ouvertes et filières sélectives
– Une pénurie d’étudiants ?
– De « nouveaux étudiants » : le péril pro ?
– Les filières sélectives : un espace discontinu
La fausse solution de la sélection
– Sélectionner les réprouvés
– Sélectionner l’élite, mais laquelle ?
L’Université incontournable
– Penser l’enseignement supérieur en 3D
– Un jeu à plusieurs bandes

Chapitre 2. L’Université pour quoi faire ? Le mythe de la désorientation universitaire
Et pourtant, ils viennent…
– « L’Université c’est pour ceux qui savent ce qu’ils veulent faire plus tard »
– « Quand on peut faire ce que l’on veut faire, on ne fait pas un BTS »… ou une école de commerce
– L’Université ne forme pas que des chômeurs !
Les logiques d’orientation dans l’enseignement supérieur
– Une carte incomplète
– Des idées (bien) reçues sur l’enseignement supérieur
– Application post-bac : les implicites d’un outil de gestion des orientations scolaires
– Fonctionnement de l’application « Admission post-bac » (APB) : ordre des chances contre ordre des préférences
– Une fausse solution : se contenter de « faire un peu de pédagogie »

Chapitre 3. Échecs et abandons à l’Université. Dysfonctionnement ou régulation ?
Un taux d’échec « catastrophique », « nouveau » et « croissant » en licence ?
Le paradigme de l’échec
Un processus de régulation et de maintien des hiérarchies
– La normalité des parcours « atypiques » : les conditions de la construction d’un parcours intellectuel
– Le maintien des hiérarchies
Des disciplines très inégales face à l’abandon en première année

Chapitre 4. Des étudiants en situation irrégulière. L’ère du soupçon
Une orientation indue
– Ne pas être à sa place
– La distance scolaire
Le contrôle aux frontières
– L’injonction au projet
– La mise en cause des publics plutôt que des conditions d’études
L’ouverture des possibles
– Les « bac + rien » : une gabegie universitaire ?
– « T’es fier d’aller à la fac ? », pourtant « tout le monde y va »

Conclusion
Logique scolastique et logique universitaire
Les conditions sociales du miracle ordinaire

Liste des sigles

Bibliographie

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Réalisation : William Dodé - www.flibuste.net
Graphisme : T–D